Il est temps de sortir de l’oubli le collectif Willard Grant Conspiracy, mené depuis 1995 par le talent de l’immense (dans tous les sens du terme) Robert Fisher. Et pour ce faire, je vous propose un retour sur le magnifique ‘Pilgrim Road’ qui date déjà de 2008. La conspiration est une formation à géométrie variable ayant accueillie en son sein une vingtaine de musiciens différents. Mais, tous les disques portent bien la marque de Fisher, un joyeux drille qui déclarait lors de la sortie de l’un des ses albums précédents « L’objet de l’album est la mortalité, et je crois que pour moi c’est le grand thème dans l’ensemble de l’art, de toute façon – la façon dont vous arrivez à composer avec votre mortalité définit la façon dont vous vivez votre vie… » .

Le ton est donné et il est pas franchement à la rigolade. Mais on reviendra pourtant souvent errer sur ces terres arides où règnent le chaos et la désolation car la beauté majestueuse qui émane de cette musique là s’abreuve à la même source féconde que celle qui irrigue les tourments d’autres adeptes de la noirceur magnifique : Johnny Cash, Will Oldham, Nick Cave ou bien encore Mark Eitzel ici repris (Miracle on 8th Street). On se laissera donc porter par le sombre lyrisme de la voix grave et les superbes arrangements de piano, cordes et choeurs qui illuminent les ténèbres empruntés par leur auteur. Bien sur, les amateurs de légèreté passeront rapidement leur chemin mais pour tous les curieux que les quelques lignes précédentes n’auraient pas fait fuir, je vous encourage vivement à jeter une oreille attentive à ce « Pilgrim Road ».