L‘homme pour lequel on a venté l’expression “tête de cochon”. Au propre (plus de photos de lui sur les albums, ça faisait “dévendre”), comme au figuré il n’en fait qu’à sa tête (de cochon). Du genre voici mon album, démerdez-vous. Ça ne vous plaît pas ? C’est le même prix. Idem en concert (vu à l’Olympia) je ne vais quand même pas PARLER au public! Ou bien j’ai envie que ce morceau dure cinquante minutes et je fais le solo de saxophone moi-même. Visiblement personne n’ose rien lui dire. Que par exemple, il chante merveilleusement bien, mais que la guitare et le saxo, euh… Ou qu’un album de quinze titres et une heure dix-sept minutes, c’est long, quand tout n’y est pas indispensable. Cet album procède par séquences, c’est simple les trois premières chansons sont bonnes, il s’énerve (enfin) un peu, dans une veine blues bien dans son style, comme sur “Big Time Operators”. Ensuite, trois chansons chiantes (et longues !) à mourir, molles, où il répète 50 000 fois la phrase. Terrible. Puis, le coeur du disque. Le seul véritable intérêt. Encore trois morceaux. D’abord, “Gloria”. Le classique. Oui, c’est lui qui a écrit ça. il y a bientôt trente ans, son plus gros succès. Alors pourquoi le réenregistrer aujourd’hui ? Pour s’offrir le plaisir de le chanter en duo avec le maître, l’increvable… John Lee Hooker himself ! Et ils remettent ça avec un morceau original, « Wasted Years ». Ça vaut le détour. Entre les deux, une bonne reprise d’un autre standard, « Good Morning Little Schoolgirl ». Et voilà. Pardon ? il reste six titres? Ah oui, hum… Comment dire… Du jazz. chanté ou instrumental, enfin, une sorte de jazz. Comme une parodie. pour dégoûter du jazz. Très nul et très ennuyeux. il fallait que quelqu’un le dise, bon, c’est moi. Je m’en serais bien passé. parce qu’ “Astral Weeks” (entre autres) reste un de mes albums de chevet. Qui aime bien…

Stan CUESTA

Février 1994