On peut toujours rêver. Teddy Thompson sera l’une des révélations de l’année. Ce nouvel album, son deuxième, ne fait que confirmer les promesses d’un premier disque pourtant passé inaperçu, il y a six ans déjà. Teddy n’est pas « the next big thing ». Il ne surfe pas sur la vague folk, il ne recherche pas de « street credibility » à la Strokes.
Non, notre nouvel ami est juste un honnête artisan pop qui écrit de chouettes chansons qui évoquent souvent les merveilles des frères Finn (remember « Crowded House ») ou le talentueux Michael Penn (le frère de Sean) avec par moments, un peu de la noirceur raffinée de feu Elliott Smith. Tout ça ressemble à une affaire de famille…Teddy invite les enfants Wainwright (Rufus et Martha) à faire les chœurs sur son disque. Ils vocalisent sur le lumineux et poignant « Shine so bright ». Et c’est vraiment cool car « Shine so bright » est un vrai moment de grâce qui donne envie de filer dare dare en Californie ou dans une île perdue du Pacifique. Et comme Teddy est aussi un bon fils, il invite sa maman à en pousser une petite sur une reprise des Everly Brothers cachée en fin de disque. Faut dire que maman n’est autre que Linda Thompson. L’ex femme de Richard. Je l’avais pas précisé, mais Teddy est le fils unique de Richard et Linda Thompson. Papa vient aussi jouer de la guitare sur cinq titres. Et c’est rien de dire que la guitare à Richard fait des merveilles sur les chansons du fiston. Pour cette filiation si parfaitement assumée, les belles promesses, l’héritage pop et pour tout le reste, « Separate ways » est indéniablement le disque coup de cœur de ce début d’année !

Février 2006