Ryan Adams
Jacksonville City Nights
Ryan Adams
Cold Roses
Même si on peut ergoter sur le contenu des trois albums sortis cette année, Ryan Adams est définitivement hors concours. Il n’est pas le poseur prétentieux que beaucoup voient en lui, dépités de ne pas pouvoir suivre son rythme effréné. Il est depuis la fin de l’aventure Whiskeytown, le présent et le futur du country rock. Et un homme avec cette voix là, ce talent là, sera bientôt assis sur le toit du monde…
Sharon Jones & the Dap-Kings
Naturally
Jean Louis Murat
Mockba
Voilà un disque qui réussit le miracle de ne pas sentir le réchauffé en opérant un saisissant bond temporel. Back to the 70’s en pleine apogée soul. Mais vous pouvez l’acheter les yeux fermés tout comme vous achetez un incunable de Marvin Gaye, de Sam Cooke ou de James Carr. La soul est la musique de l’âme et on toujours besoin d’un supplément d’âme… Pourtant la concurrence est rude dans l’hexagone… Un deuxième album pour Cali (qui ne tient pas toutes ses promesses ?), des nouveaux venus qui poussent très fort : Florent Marchet, Bertrand Bretsch… Des anciens en forme respectable : Miossec, Daniel Darc… Mais quand Murat plane à cette hauteur là, il semble comme touché par la grâce et peut tout se permettre. Comme cet album en partie constitué d’adaptations d’un poète du 19ème siècle (toujours périlleux ce genre d’exercice). Bénéficiant des arrangements de cordes du tindersticks Dickon Hinchliffe, « Mockba » est un sommet de raffinement et d’élégance dans la pourtant très riche discographie de l’auvergnat.
Herman Düne
Not on top
Lou Barlow
Emoh
Il y a des gens qui n’achèteront jamais de meubles chez Ikea, ne fantasmeront jamais sur les dernières BMW. Les frères David Ivar et André Herman Dune sont incontestablement de cette trempe. Eux qui, avec leurs nombreux amis, sans relâche, sillonnent les routes d’Europe pour jouer leur petite musique artisanale. Leur seule obsession, quand ils se posent un peu, est de ciseler ces pop songs qui tendent de plus en plus vers la perfection. Et que je te rajoute une touche de piano par ici, quelques discrets chœurs féminins par là, et toujours cette rythmique un rien bancale, ces solos de guitare joués comme à l’économie. Mais toujours le puzzle finit par se mettre en place et ces artisans là ressemblent de plus en plus à des orfèvres. Les fils cachés de notre Jojo préféré (Richman pas Hallyday). Quand il se ‘discipline’ un peu, Lou Barlow reprend sa place légitime au panthéon des songwriters qui comptent. Emoh en apporte la preuve éclatante autour de quelques unes des meilleures pop songs entendues depuis longtemps. L’un des disques les plus évidents de l’année !
Deus
Pocket Revolution
Van Morrison
Magic Time
Le groupe taillé pour rallier tous les suffrages. Rien de plus difficile que satisfaire à la fois la critique et le grand public. On a eu les Stones et les Beatles bien sur. U2 pendant quelques années a pu y croire. Les derniers en date doivent être REM et Radiohead… On prend les paris, les prochains sur la liste seront les anversois de Tom Barmam. Sur le cas Van Morrison, je ne serai jamais objectif… Mais même si « Magic time » n’est pas l’un de ses sommets discographiques, Van reste le plus constant des glorieux anciens (avec Mc Cartney cette année). Et pour l’avoir vu très en forme en juillet dernier sur ses terres…. Je peux confirmer que la magie opère toujours (« Celtic new year ») et, in fine, le faire figurer sans honte dans ce bilan annuel.