Attention, bonne surprise. Qu’est-ce qui fait que soudain, un album de Van Morrison est enthousiasmant ? Mystère.
Une écoute rapide de ses productions des trente dernières années livre un verdict étonnant : c’est toujours pareil ! Bien produit, bien joué, bien chanté et… ennuyeux comme la pluie.
Alors que se passe-t-il sur ce “Roll With The Punches” ? Dès les premières mesures, on y croit. Un coup d’œil aux crédits : la présence de Jeff Beck, qui vient mettre le souk dans la maison de retraite ? Peut-être. Mais l’imprévisible guitariste ne joue que sur quelques titres. Or ils sont tous bons ! Vivants, excitants, rugueux, comme au bon vieux temps. Bien sûr, il y a un paquet de classiques blues, jazz et rhythm’n’blues. Quand Van chante “Stormy Monday” couplé à “Lonely Avenue” en duo avec Chris Farlowe (protégé d’Andrew Loog Oldham qui a légèrement raté le coche
dans les sixties, c’est un euphémisme)avec Jeff qui slalome derrière, évidemment, c’est grand. Même
chose pour “I Can Tell” ou “Ride On Josephine” (Bo Diddley), “Goin’ To Chicago” (Count Basie), “Bring It On Home To Me” (Sam Cooke), “How Far From God” (Sister Rosetta Tharpe), “Automobile Blues” (Lightnin’ Hopkins), “Mean Old World” (Little Walter) ou “Benediction” (Mose Allison)…
N’en jetez plus ! Ça swingue, ça sue, il y a de l’harmonica crado, de l’orgue qui tue (Georgie Fame est passé dire bonjour), des cuivres qui cognent, tout ce qu’il faut. En plus, les originaux sont à la hauteur.
On est loin d’ “Astral Weeks” ? Pas grave. Van Morrison, 72 ans, anobli par Sa Majesté, sort un album qu’on a envie de réécouter ! On n’aurait pas misé grand-chose là-dessus.

 

 

Stan CUESTA

Novembre 2017