L’héritier ! S’il y en avait un à garder, ce serait lui. Scott n’a pourtant pas concrétisé tous les espoirs placés en lui. Il a cependant à son actif d’avoir réalisé deux albums parfaits dont au moins un chef-d’oeuvre : « Fisherman’s blues » (1988) avec les Waterboys, un disque sous haute influence celtique sur lequel il reprend sweet thing. Un disque à la hauteur de celui de ses maîtres : Dylan et Van Morrison ! Cet album correspond pour Scott à un virage vers la musique irlandaise sous l’influence du violoniste Steve Wickham mais aussi à un dégraissage de sa musique (the big music). Car voilà bien le défaut de notre homme, une tendance récurrente à l’emphase qui le conduit parfois à voguer dans les mêmes eaux troubles qu’un vulgaire Jim Kerr (Simple Minds). Sa carrière est pleine d’allers-retours entre rocks musclés à tendance symphoniques (très pénibles la plupart du temps) et recentrages vers un folk-rock habité où sa voix fiévreuse fait alors merveille. Mike Scott partage avec Van la quête d’un mysticisme qui irrigue toute son oeuvre. A reformé en 2000 les Waterboys pour le très ampoulé A rock in a weary land après un carrière solo inégale, cependant marquée par le magnifique bring ‘em all in en 1995 qui révélait alors un talent intact. Un disque qui nous donne toutes les raisons d’y croire encore. Allez Mike, laisse la conquête de l’Amérique à d’autres, rentre à la maison !

Iona, Sweet Iona
Island out time
Your lost child is returning
His shadow close behind…


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