Stéphane Deschamps décrivait récemment dans les Inrocks Lou Barlow comme un « soul singer des banlieues blanches ». On peut pas mieux résumer l C’est ce côté là qui nous a toujours attiré chez lui au délà de l’approche low fi assumé jusqu’au carcan. Que ce soit avec Sebadoh ou le Folk Implosion,  on trouvait toujours une ou deux chansons magnifiques dissimulées derrière les expérimentations minimalistes. Sur ce premier disque solo, Barlow explose enfin les barrières où il s’est trop longtemps laissé enfermer. Il ouvre les fenêtres et sa  musique prend enfin l’air, respire (voir le beau décollage symbolique de la pochette).  Ses chansons gagnent en simplicité et en évidence et Barlow confirme enfin qu’il est l’un des songwriters les plus doués du moment. Beaucoup de grâce et de délicatesse dans ces pop songs ouvragées à l’ancienne autour d’une guitare acoutisque, d’une mélodie lumineuse et de quelques harmonies évanescentes sur lesquelles viennent se greffer en douceur la voix du soul singer blanc. Du très beau travail d’artisan en somme. De temps en temps on entend le chant des oiseaux et c’est chouette. Toujours, la mélancolie le rattrape mais c’est bien aussi. Pour mieux saisir la beauté de cet album, il suffit d’écouter la reprise d’un horrible groupe de Hard FM , Ratt, qui consitute l’une des nombreuses réussites de ce disque. « Round n Round » ça s’appelle et ça sonne comme une jam entre Nick Drake et Elvis Costello.

Mars 2005