Nick Cave & The Bad Seeds « Push the sky away »Skyaway  Melanie De Biasio « No Deal »s1369_no_deal_0
Le retour lumineux de Nick Cave, ici avec ses Bad Seeds, après les intermèdes Grinderman. A l’image de la très belle pochette, Cave laisse entrer la lumière sur ses sombres tourments. Les arrangements et la quasi-absence de guitare confèrent au disque une évidence et une accessibilité qui en font un disque « presque » tout public. On la classera par facilité dans la catégorie Jazz, la jeune chanteuse belge se produit régulièrement avec un quartet mais c’est bien de chanson qu’il s’agit ici. De celles, noires et lumineuses en même temps, qui accompagnent les nuits sans sommeil. On sait peu de choses d’elle. Qu’elle vient de Charleroi, que « No Deal » est son deuxième album mais on se contentera de l’essentiel. De ce disque sublime qui convoque parfois le souvenir de la grande Nina Simone. Pas moins.
Mavis Staples « One true vine »  Fauve « Blizzard »
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Depuis une dizaine d’année, la vénérable Mavis Staples (74 ans), héritière de la meilleure tradition soul avec les Staples Singers, produit des albums régulièrement bouleversants. Ici accompagné de Jeff Tweedy de Wilco, elle signe son meilleur disque après le déjà magnifique « You are not alone » en 2010.  C’est rien de dire que la dame chante divinement. Mais le traitement que réserve Tweedy à ces chansons et à quelques reprises bien senties (Beatles, Clinton, Low) est tout simplement magnifique, moderne et respectueux de l’idiome tout à la fois. Un vrai miracle qui confère souvent au génie. Très haut la main, disque de l’année ! Un collectif français dont on n’a pas fini d’entendre parler. Ce premier mini-album ne retranscrit que partiellement la ferveur, la sincérité et l’énergie qui se dégagent des concerts. Malgré la hype qui entoure le groupe, malgré la portée « générationnelle » forcément un peu suspecte,  malgré les textes parfois limites, on pariera sur l’avenir de ce groupe qui ose le lyrisme, la sincérité et qui pourrait très bientôt connaître un succès mérité en réussissant une fusion inédite, quelque part entre Noir Désir et de Diabologum.
Possessed by Paul James « There Will Be Nights When I’m Lonely » Piers Faccini « Between Dogs and Wolves »
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Certains seront rétifs au son du violon ou du banjo, au coté bouseux (boueux ?) du truc. Les autres tomberont à genoux devant ce miracle de l’Amérique rurale. Un vrai disque de country passionné (on imagine bien le type jouant le dimanche pour le comice agricole du coin), fervent qui convoque bien sur tout le meilleur de la tradition américaine (profonde) des conteurs d’histoire pour le fondre avec l’énergie des Violent Femmes ou des Waterboys. On n’a pas toujours pris le temps de savourer avec la patience nécessaire les précédents écrins de l’anglo-italien installé dans les Cévennes. Ce nouvel opus s’impose de manière plus évidente tout en traçant le même sillon. Celui de belles chansons tristes et romantiques dans une veine country folk mélancolique dont il est un héritier crédible (Cohen, Bill Callahan…).
Detroit « Horizons » Van Morrison  » Moondance Deluxe edition »
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Un retour improbable. On le croyait perdu à jamais, condamné à payer indéfiniment le prix de son coup de folie lituanien. Il n’en est rien. Cantat évoque le drame et les affres qui ont suivies avec des mots rares mais qui sonnent justes (« Droit dans le soleil »). « Dans le creux de ta main » renoue avec les meilleures heures de Noir Désir et témoigne d’un talent intact qu’il serait vain de bouder. Ce disque montre une chose. Cantat, s’il a purgé sa peine, est loin d’en avoir fini avec sa dramatique histoire. La réédition de l’année en quatre CD. Un des chefs d’oeuvre de Van, régulièrement classés parmi les meilleurs disques de l’histoire, dans une version luxueuse, parfois dispensable (les alt takes qui n’apportent pas grand chose). Mais nous ne bouderons pas le plaisir de le réécouter dans une qualité optimale et de découvrir quelques inédits (I shall Sing seulement connu dans la version Garfunkel). Plus évident qu’Astral Weeks, Moondance n’a pas pris une ride et n’en prendra pas ! Ca s’appelle l’intemporalité. Pour vous convaincre, et pour ceux qui ne la connaissent pas encore, jetez une oreille sur « And It stoned me », je le répète, l’une des trois plus belles chansons du monde !
Artic Monkeys « AM » Eric Bibb « Jericho Road »
artic bibb
Grand disque d’un des plus talentueux groupes du moment. On recommandera cette heavy soul, ce rock à guitares au parfum seventies. On le recommandera aussi pour quelques chansons très bien écrites qui réconcilient grand public et spécialistes et réussissent même à passer sur les ondes. Un plaisir rare et finalement très jouissif.  Ne fuyez pas, il ne s’agit pas d’un énième disque de blues mais du meilleur album d’un très grand artisan de la musique populaire américaine, en activité depuis près de 40 ans. Entre blues, soul et racines africaines donc, Bibb, tout en douceur et en nuances, tisse un entrelacs somptueux qui vaut autant pour son climat apaisé que pour la richesse des compositions.