On a, depuis quelque temps, un peu de peine à suivre la production effrenée de Murat. Les disques se suivent à un rythme frénétique et il parfois difficile d’en extraire la substanfique moëlle avant que le suivant ne vienne se poser sur nos platines. Mockba risque pourtant de s’incruster pour un petit bout de temps. C’est de loin son meilleur disque depuis Mustango et l’un de ses meilleurs disques tout court. On repère d’emblée quatre ou cinq chansons de très haute tenue où le chant débordant de sensualité de l’auvergnat se détache avec élégance des suaves arrangements de ses accolytes (les habituels Fred Jimenez et Stéphane Reynaud, le tindersticks Dickon Hinchliffe pour les cordes et les voix des filles ! Carla Bruni, Camille). Dès lors, que trois de ses textes soient empruntés au poète du 19ème, Pierre-Jean de Béranger, apparaît presque anecdotique tant les propres textes de Murat arrivent à instaurer une unité de ton du meilleur goût. Surtout, Murat renoue ici avec ces mélodies lumineuses et sensuelles qui restent depuis l’imparable « Si je devais manquer de toi » en 89 l’une des principales raisons de suivre avec attention sa dense production. A cet égard, le très classieux « la fille du capitaine » qui ouvre l’album mais aussi « Arrête d’y penser » et surtout le délicat « foulard rouge » se posent comme les parangons d’un style inimitable et sans équivalents dans l’hexagone.

Mai 2005