Franck Black
Honeycomb

Conçu comme un défi, sans cesse repoussé et finalement relevé, écrire son « Black on blonde » sur les traces de Master Bob, « Honeycomb » est bien la pierre angulaire qui manquait à l’œuvre disparate de l’ancien pixies. C’est d’abord un album de rupture. Rupture personnelle car ce disque vient solder les comptes de sa précédente liaison amoureuse et le thème de la séparation imprègne toutes les chansons. Rupture musicale aussi car en se recentrant sur les racines du songwriting à l’américaine, Franck Black rompt définitivement avec les schémas hérités des pixies. Et il pousse même le bouchon jusqu’à se faire accompagner par quelques vétérans (Steve Crooper, Spooner Oldham) pour la caution « soul » (superbe reprise du « Dark end of the street » de James Carr). Bien sur, tout ceci sonne très adult rock et décevra inmanquablement ses anciens admirateurs. Pour d’autres, dont je suis, cet album de la maturité figure déjà parmi les meilleurs disques de l’année.

Septembre 2005