Bonnie Prince Billy & Matt Sweeney
Superwolf

Ne nous y trompons pas, ce nouveau disque de Bonnie Prince Billy, co-signé par  le guitariste Matt Sweeney (ex Zwan avec Billy Corgan), est un très grand disque de Will Oldham. Un de plus. Qui d’autre depuis dix ans, depuis ce premier disque sous le nom des Palace Brothers (le désolé « there is no-one what will take care of you ») peut se targuer d’une telle constance ? Qui d’autre pour composer ces classiques où des générations entières de songwriters vont venir s’abreuver… Et peu importe l’habillage. Country pur jus comme sur le « Greatest Palace Music » de l’an dernier où il revisitait ses chansons avec quelques cowboys nashvilliens, aride et famélique la plupart du temps ou accompagné par les motifs plus accentués de la guitare de son acolyte du moment, seule reste l’émotion qui noue la gorge, seule reste la mise à nu des sentiments. Il faudra bien sur, comme à chaque fois, s’habituer à cette noirceur forcément peu accommodante. Mais on y reviendra encore et encore car ces chansons là ont peu d’équivalent. Sur le dernier titre de l’album, « I gave you », avec un accompagnement minimaliste, Oldham touche en plein cœur avec cette histoire de divorce chantée la voix étranglée par la douleur.
« I gave you a child
And you didn’t want it
That the most that I have to give
I gave you a house
And you didn’t haunt it
Now where I am suppose to live…
I gave you a nightmare and you didn’t chase it
I gave you a dream and you only wake from it
Now I never go to sleep again »
Reste une question. Une inquiétude plutôt. La production musicale des prochains mois risque de paraître bien fade en comparaison…