Un double album live de Van Morrison enregistré lors de sa tournée américaine de 93 avec groupe, cuivres, choeurs, Georgie Fame à l’orgue et une brève apparition de John Lee Hooker sur “Gloria”. Si on s’intéresse à la carrière de Van et qu’on l’a suivi ces dernières années, pas de surprises. Ça roule, sur des tempos ternaires, un rythm’n’blues très teinté de jazz (beaucoup de solos, orgue, guitare, trompette, sax, pas toujours passionnants, c’est la loi du genre), une pléiade de “classiques”, des reprises de vieux blues et des morceaux plus récents, le tout survolé par la grande voix de l’homme. Comme le précédent (“Too Long In Exile”), cet album oscille entre émotion et bazar jazzy-Prisunic aux arrangements douteux, ou convenus. Pas rock’n’roll pour deux sous, je préfère vous prévenir. On aime ou on n’ai-me pas, mais si on ne connaît pas, ce n’est peut-être pas par là qu’il faut aborder l’oeuvre. il y a plusieurs périodes dans la carrière de Van Morrison, grosso modo, tes débuts avec Them (“Gloria”), puis un passage par des essais de synthèse jazz-folk-ce-que-vous-voulez totalement originaux qui culminent avec l’album “Astral Weeks”. Dc tout cela, point d’écho ici. Enfin, à partir du milieu des seventies jusqu’à aujourd’hui, un son plus clean, assez américain, pour un funk jazzy parfois légèrement soporifique. Vous m’avez compris si vous êtes un fan, achetez cet album, il n’est pas mauvais. Si vous voulez découvrir une musique forte, belle, originale et touchante, commencez par un autre.

Stan CUESTA

mai 1994