3 juin 2009

Tupelo, c’est là qu’est né Elvis Presley. Honey, c’est un doux nom, pour le miel ou quelqu’un. Au milieu de la pochette vanille de Tupelo Honey, une photo bucolique aux tons roux : Van Morrison et, sur un cheval, une fille aux cheveux longs. C’est Janet Planet, sa femme alors. De leurs années d’idylle naissent des chansons moins orageuses. En 1971, le couple vit dans une maison à Woodstock, avec plein de voisins musiciens. De temps en temps, Van Morrison va taper le bœuf à l’improviste. Un jour il toque chez les camarades de The Band, l’ex et futur groupe de tournée de Bob Dylan. Quelques bouteilles plus tard, ça donne 4% Pantomime, un épique duel de voix déchirées dont il reste trace sur l’album du Band Cahoots. On entend Richard Manuel interpeller Van : Belfast cowboy ! Le sobriquet aura un certain succès.

Morrison voulait dit-on un Tupelo Honey 100% country. L’ambiance est bien campagnarde mais l’objet n’échappe pas à la règle qui veut qu’aucun album de Van Morrison n’appartienne à un genre, pour la simple raison que Van Morrison est un genre musical à lui tout seul. Wild Night, c’est la fête. La basse commence à danser la première. L’énergie du tempo est communicative : un truc bondissant, pas le trot country traditionnel. Le chanteur a la voix déjà chaude. Une ou deux gorgées de boisson rousse ont dû lui rincer le gosier.

Je me souviens du choc euphorique d’entendre Wild Night surgir dans un petit film en noir et blanc fort sympathique, anglais, une histoire d’entraîneur de boxe essayant de remettre une bande de jeunes chiens fous dans le droit chemin. Twentyfour Seven, de Shane Meadows (1997). Tupelo Honey avait un an quand Meadows est né. Sa mère peut-être écoutait Wild Night en l’attendant. Elle dansait, elle avait les cheveux longs, les mots sweet romance et les cuivres lui coulaient dessus, je n’en sais rien. Janet Planet, ça on le sait, a quitté Van Morrison en 1973. Et l’envie de faire la fête un peu aussi ?
à suivre